Tricot club du lundi au Tambour de la Chamberlière

Article et photos de Catherine DAVID

-Je l’ai retrouvée finalement !, crie-t-elle presque enfouie au fin fond de l’armoire du couloir.

Les regards des tricoteuses restent accrochés aux lèvres de Tina, leurs aiguilles en suspens, prêtes au prochain rebondissement de l’histoire de cette pelote perdue puis réapparue…

Depuis quelques temps déjà, le lundi est devenu son jour de prédilection. Repos salutaire accordé et choisi par elle-même quand le cours de sa vie lui fit abandonner sa boulangerie. Lundi, jour à l’écoute des émotions et de la méditation selon la Genèse lié au blanc et au jaune, s’est également transformé en jour du tricot, jour des copines qui lui en font voir de toutes les couleurs, moment de papotages futiles et des rencontres qui font chaud au cœur. C’est Nicole, par son départ précipité et appelée à d’autres occupations, qui l’a embarquée dans cette histoire de tricot club. Et elle s’est rapidement prise en effet d’une passion soudaine pour le tricot.

Une activité manuelle d’un autre âge, revenue à la mode grâce au DIY (faire soi-même ou do it yourself) qui touche de plus en plus de domaines, tout comme le crochet qu’elle affectionne également, et qui est tellement tendance. Bof, c’est pas qu’elle soit folle du tricot et du maniement des aiguilles, son énergie s’accommode encore plus mal d’une station assise prolongée qu’elle soigne par une petite cure en mars.

Que le do it machin soit à la mode l’inciterait d’ailleurs plutôt à fuir immédiatement cette activité. Mais elle est trop curieuse, sensible, humaine, ouverte aux autres pour laisser échapper cette possibilité de rencontres.

Tina l’a tout de suite deviné, ce tricot du lundi est un creux qui fait du bien et qui deviendra un bouquet de fleurs pour chacune, un jour qui échappe par magie aux autres, un moment où chacune quitte sa vie avec son programme assigné et monotone, un jour pour se rassembler, se ressembler, discuter, échanger, se découvrir, se révéler un peu aussi. Les membres-ses de ce petit club hétéroclite ne sont pas seulement à côté les unes des autres, elles sont avec, avec les joies et peines de chacune, avec la vie en somme.

Au tricot club, l’absence d’obligation et de programme est le luxe absolu. Une règle instaurée automatiquement, que les autres ont adoptée sans surprise. On tricote ou non, on sort ses aiguilles ou non mais on parle autour d’une boisson, chaude le plus souvent, et encore cette règle-là n’est pas obligatoire non plus mais bienvenue quand même.

(Texte inspiré de ma lecture « petits meurtres du tricot-club » de Sylvie Baron, mais je précise que le tricot club du lundi n’a rien à voir avec cette affaire décrite dans ce bouquin)

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